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La Mutuelle Familiale de l'Ile de France

Stress et dépression,

29 janvier 2013

L’un des mécanismes impliqués dans l’apparition de la dépression lorsqu’elle est provoquée par un stress chronique, vient d’être révélé chez la souris. Selon une équipe française, la corticostérone, l’hormone du stress, serait en cause. Explications.

Chez les vertébrés, le stress déclenche une libération rapide de glucocorticoïdes, des hormones représentées par la corticostérone chez les rongeurs, ou le cortisol chez l’homme. Ces hormones modifient l’expression de nombreux gènes, permettant à l’individu de répondre à la situation de stress dans laquelle il se trouve. Cependant lorsque le stress est chronique ou tout simplement  excessif, il peut conduire à la dépression, à des troubles anxieux et du comportement social. C’est pourquoi les chercheurs du laboratoire « Physiopathologie des maladies du système nerveux central (CNRS/INSERM,UPMC), ont tenté  d’en comprendre les mécanismes.

Les auteurs soupçonnaient déjà que l’apparition de symptômes dépressifs causés par le stress mettait en jeu aussi bien l’hormone du stress que les neurones à dopamine. Ce sont ces derniers qui  libèrent ce neurotransmetteur, connu pour contrôler l’humeur. Ils ont ainsi soumis un groupe de souris à des attaques répétées de congénères plus forts et agressifs. Résultat : au bout d’une dizaine de jours, elles ont présenté des signes d’anxiété et une forte aversion sociale. « En effet, devant un congénère nouveau, les souris agressées préféraient éviter tout contact. Cette aversion sociale est considérée comme un marqueur de la dépression », soulignent les auteurs.

Le rôle clef de l’hormone du stress

Ils ont ensuite reproduit l’expérience, mais cette fois-ci avec différentes lignées de souris chez lesquelles le récepteur de la corticostérone était absent. Ils ont ainsi découvert que ces rongeurs ne développaient pas d’aversion sociale. Bien qu’ils aient été rendus anxieux par les attaques qu’ils avaient subies, ils ne fuyaient pas le contact pour autant. Ils étaient donc plus résistants au stress.

Cette étude montre le rôle majeur de l’hormone du stress dans l’apparition d’une aversion sociale induite par des traumatismes répétés. Plus généralement, elle dévoile en partie les mécanismes neurobiologiques et la cascade de réactions qui sous-tendent l’apparition d’une dépression. « Ces résultats pourraient mener à de nouvelles pistes thérapeutiques pour traiter la dépression » estiment donc les auteurs.

 

Ecrit par : Emmanuel Ducreuzet – Edité par : Marc Gombeaud, Source : INSERM, CNRS, Université Pierre et Marie Curie, 16 janvier 2013

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