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La Mutuelle Familiale de l'Ile de France

Avec les boissons «light»,

07 février 2013

Contrairement aux idées reçues, le risque de diabète serait plus élevé lorsqu’il s’agit de boissons « light » que de boissons sucrées « normales ». ©Phovoir

La consommation régulière de boissons «light» est-elle associée à un risque de développer un diabète de type 2 ? Pour des chercheurs français  de l’INSERM qui ont réalisé une étude auprès de 66 000 femmes, la réponse prend la forme d’un grand « oui ». Et surtout pour  la première fois, ils mettent en évidence que ce risque serait encore plus élevé avec le light qu’avec les autres boissons sucrées ! Le point sur une étude qui devrait faire grand bruit et qui va à l’encontre des résultats d’une enquête publiée récemment sur le sujet.

Françoise Clavel-Chapelon  (INSERM/Université Paris-Sud 11/Institut Gustave Roussy) et Guy Fagherazzi (INSERM/IGR, Paris) ont mené leur étude auprès de 66 188 femmes dans le cadre de la cohorte E3N. Toutes ont été suivies durant 14 ans. Les scientifiques se sont intéressés à la relation entre la  consommation de boissons sucrées et boissons sucrées light et le risque de diabète de type 2. Pour les premières, pas de surprise : ils confirment que la consommation de boissons sucrées augmente bien le risque de diabète. En revanche, le lien avec les boissons  light était bien moins connu.

Un risque encore plus élevé avec le light !

Leurs résultats montrent que les adeptes du light consomment davantage de leur(s) boisson(s) favorite(s) que les femmes qui boivent du sucré «normal» : 2,8 verres/semaine contre 1,6 en moyenne, respectivement. «D’autre part, à consommation égale, le risque de diabète est plus élevé lorsqu’il s’agit  de boissons «light» que de boissons sucrées «non light», nous a expliqué Guy Fagherazzi. Concrètement, «une personne qui boit une bouteille de 1,5L de boissons light par semaine, verra son risque de développer un diabète de type 2 augmenté de 60% par rapport celle qui boit la même quantité de boissons sucrées classiques ».

Pour les auteurs, la consommation de boissons contenant des édulcorants favoriserait «une appétence plus forte pour le sucre en général».  Sans compter que «l’aspartame, qui est un des  principaux édulcorants utilisés aujourd’hui, induirait une augmentation de la glycémie. Et de ce fait une hausse du taux d’insuline, comparable à celle engendrée par le  sucrose utilisé dans les autres boissons sucrées». Guy Fagherazzi insiste sur le fait que ce sont des «hypothèses qui restent à confirmer dans des études complémentaires».

Les industriels ripostent

De son côté, l’Association Internationale pour les Edulcorants (ISA France) n’a pas tardé à réagir. Dans un communiqué publié un peu plus de deux heures après celui de l’INSERM, Hugues Pitre son président explique : «Si l’objet de cette étude, comme tous les travaux menés sur le diabète, est digne d’intérêt, il n’en reste pas moins que cette étude doit être analysée avec prudence, constate Hugues Pitre, président de l’ISA. Si en tant qu’industriels, nous sommes très attentifs à toutes les nouvelles données scientifiques sur ce sujet, nous sommes toutefois surpris des conclusions de l’étude qui vont à l’encontre du corpus scientifique disponible sur la consommation de boissons avec édulcorants et leurs bénéfices.»

De son côté, le Dr Hervé Nordmann, président du comité scientifique de l’ISA rappelle qu’« il est admis que le diabète de type 2 est une maladie multifactorielle liée aux comportements globaux, en particulier l’alimentation et l’hygiène de vie ».

 

Ecrit par : David Picot – Edité par Emmanuel Ducreuzet - Source : INSERM, 7 février 2013 – Interview de Guy Fagherazzi, 7 février 2013 - ISA, 7 février 2013

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